ANTHONY DARTAYRE

source: duperreorg

Au départ je considère le corps démuni d’architecture, il se dérobe dans une forme étendue et labile. Le corps décontenancé et dépouillé de structure nécessite un soutien pour se consolider et croître. L’informe du corps s’édifie par l’adjonction de squelettes artificiels : l’intéraction avec des objets partenaires, appareils ou parures, me permet de manifester la dépendance du corps par rapport à des structures externes qui seraient la condition de son développement. L’acquisition d’un axe vertical porteur et solide constitue un ancrage depuis lequel le corps s’articule et se réagence dans de nouvelles constructions. Son mécanisme se fluidifie avec le mouvement ; son déploiement s’intensifie jusqu’à déborder pour graviter autour d’un repère dont il ne nécessite plus l’appui. Ainsi le corps évolue d’une structure inextricable vers son dénouement en boucles déliées.

Les pressions extérieures faites au corps pour le solidifier sont l’objet d’une subversion pour déjouer l’organisation qu’on lui impose. L’ordre géométrique se renverse et se retourne dans des constructions souples et ouvertes. Le corps s’appuie sur ces objets redresseurs pour redessiner sa silhouette et travestir son apparence.

La portée de cette réflexion veut s’étendre au vêtement. Plus que d’un réel usage, ce qui habille le corps se confond avec lui à la manière d’une seconde peau et me permet de le métamorphoser : il s’agit de faire peau neuve pour se libérer de sa détermination et se réécrire librement. L’écart ou la béance entre le corps et son habillage est une prise de distance critique, un espace vierge propice à la construction d’un «je» théâtral. Le vêtement, en tant que symétrique du corps, me permet de pouvoir agir sur la perception de ses limites, de le réincarner et de le rédifinir sans cesse dans un devenir protéiforme et illimité.
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source: duperreorg

My work is composed of corollary structures. These objects are accessories adjoining the body. When they are considered in an autonomous way, they become the metonomy of an entire body. These objects want to redefine the perception of the body and form it up again in new constructions, with the ambition to aim at ideal and fantasy shapes.

At first, I consider the body without architecture, it slips out in a unstabled and expansed shape. After having explored the potential of malleability of the body, I wanted to organize this knotted structure.

Subsequently, I begin a procedure to organise and enhance this misshappen body. Progressively, the body acquires a direction, it balances itself with a vertical axis. External pressions want to formate it dangerously. The body emancipate itself from these supports thanks to more and more supple and open structures. As flowers, the body needs a stake to grow, this frame enables it to amplify itself into a superior shape to his natural state. These apparels enables the body a complete reversal of situations. Instead of immobilising the body, these objects of reparation become objects of costume. Theatrality is the way to release the body, to disguise its appareance and to construct an identity in perpetual redefinition.

Procedures to straighten up the body are necessary to gain foundation and anchorage from which the body can articulate and put itself in movement. Henceworth, the body can exteriorise itself beyond its limits in radiant and intensified shapes. At the beginning, the structure of a sclerotic and uncoordinated body, expresses and revives itself in an extended configuration in a second time. The body evolves from an inextricable structure to an outcome of unlimited curls.