VINCENT MAUGER

Gravity is dead

Vincent mauger gravity is dead

source:archiveslamaisonrougeorg
Vincent Mauger’s sculptures do not just stand on a site, they bring pressure into it. The relationship to the site is an intrinsic part of the artist’s work, he questions the space in order to reveal its breaking and equilibrium points. From the adequacy between the occupied space and the shown volume, resonances rise towards the spectators’ sensitivity. The spectator is caught by the play of the surfaces, the hollow and the solid, he experiences a stimulated landscape which scale oscillates between the infinitesimal and the colossal.

Using 3D modeling, Vincent Mauger creates a world that is firmly grounded in the tangible matter. Wood, concrete blocks, bricks, metal or polystyrene, these materials are worked beyond what we could assume from their materiality. With rigorous production and little process, the perception of mass and solidity is often changed and always questioned.

In a world where distance is abolished by the speed of travel (real or virtual), Vincent Mauger offers a space with an extraordinary topography, where it feels good to get lost.
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source:slashpariscom
The group exhibition “Sans commune mesure” brings together artists who draw their inspiration in the framework of the formal and theoretical disciplines using measurement. From drawing to sculpture, via collage, the works presented share an interest for conception and construction and go about these topics with a peculiarity applied in many fields (applied sciences, music, architecture, design, cartography..).

The world is imbued by gravity. No one pretends to escape from it, but some decide to act as if they could. The laws of physics indeed cannot be ignored, but eight artists practice a way round them to give shape to the impalpable and defy gravity.

One needn’t be visible to act on the elements. The science of fluids tracks down what escapes from sight and exerts its strength on others. To capture that flow may require the use of phonic insulator container of vibratory waves (Raphaël Zarka et Guillaume Constantin), a ruler pierced by the winds (Rodolphe Delaunay), or of a hollowed out sphere submitting gravitational laws to a counter-revolution (Vincent Mauger).

Between the space of the image and that of the site, architecture is the link. Using it in order to to get rid of it, the artists capture shapes and real forces at work to re-instill them afterwards. Whether self-grafted volumes (Jean-Baptiste Couronne) or an annihilated landscape (Marine Pagès) or a memory-enabled piece (Jean-François Leroy), these works take part in a boundless perspective.

Any work of art takes part in the lineage of a legacy — historical, scientific, artistic — to which it belongs to. In exchange these works contribute to the construction of the present world. The accomplished work resembles each and everyone: rigorous, unpredictable, spectacular or meticulous, in any case outside the established norms.
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source:artistesmartcatalysecom
Vincent Mauger travaille l’espace comme un médium. Ses installations invasives dessinent des reliefs aux formes génériques et complexes qui proposent une appréhension de l’environnement modifiée. Confondant leur volume à celui qui les contient, elles sont des reformulations qui mettent le regardeur en position d’exporateur.

Malgré les obstacles, ces oeuvres structurent méthodiquement un envahissement. C’est la représentation physique autant que la compréhension mentale de l’espace qui sont ici trompées, détournées des usuels repères orthodornés. Ces édifices ont la fragilité de leur “surdimension”. Constitués de briques, de bois ou de papier, ils s’élèvent avec force et rigueur et se traversent avec application et délicatesse. Le déséquilibre entre leur envergure et leur vulnérabilité façonne une lecture poétique des volumes. Ces oeuvres irrésolues s’offrent alors à chacun comme de sensibles virtualités prises dans la masse.
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source:fracdespaysdelaloirecom
«Mon travail porte sur la représentation sculpturale d’un souvenir ou d’une perception mentale d’un espace ou d’un objet. Je souhaite établir une sorte de concurrence entre l’objet réel et une tentative de matérialisation d’une perception personnelle associée à celui-ci.» Vincent Mauger

Les œuvres de Vincent Mauger développent des logiques paradoxales. Etudes liées à l’espace, au volume, à l’architecture, elles s’incarnent en installations in situ, objets-sculptures autonomes, déploiements graphiques ou projections vidéo. Elles ont toutes en commun cette capacité à osciller entre plusieurs référents, entre plusieurs problématiques de représentation.

L’un des enjeux de ce travail se situerait précisément entre matérialisation et dématérialisation de l’objet. Lorsque Vincent Mauger recouvre d’une croûte de sel deux jouets métalliques, il cherche à forcer ainsi l’apparition de leur structure. Des tâches d’oxydation imprègnent la surface du dispositif, elles manifestent l’objet et organisent métaphoriquement son évasion, la révélation de ses lois internes. Paradoxalement, elles sont la marque même de sa disparition.

Plus récemment, Vincent Mauger propose des va-et-vient constants entre construction volumineuse (plaisir d’exploration du matériau, défi du chantier parfois monumental) et légèreté virtuelle. Dans les effusions numériques de notre ère contemporaine, il réintroduit du jeu, couplant une dimension plus primitive, un imaginaire plus artisanal à la sophistication des logiciels 3D. L’installation Sans titre 2007, présentée en 2008 à la galerie LH, confirme ce pouvoir d’hybridation : des lignes souples sculptent la surface alvéolaire de tubes PVC assemblés verticalement, et cet ensemble convoque instantanément son double modélisé, sa représentation virtuelle. Le système de construction (basé sur la multiplication, le foisonnement) permet de poursuivre mentalement la pièce, d’en imaginer les prolongements bien au-delà du lieu d’exposition, dans une dynamique de l’expansion et de l’envahissement.

Ce mouvement entre objet fait-main et forme conçue par ordinateur se retrouve dans les dessins de l’artiste : «Dans tous mes travaux graphiques, je travaille à créer un trouble entre l’utilisation des techniques numériques et des techniques traditionnelles. Mon objectif n’est pas la surenchère technique rendue possible par l’utilisation d’outils informatiques. Il consiste à construire un rapport critique vis-à-vis de ces outils, à entretenir cette distance dans le malaise créé par la difficulté à les distinguer. En effet ces deux univers se confondent, s’ajoutent ou se superposent dans chacune de ces productions.» Cela donne, dans la série des dessins Sans titre 2006, des griffonnages sur papier d’une texture proche du coloriage, des esquisses veloutées, des étendues de paysage fragiles qui cependant sont trop parfaites. Car les accidents, tremblements et autres irrégularités sont ici subtilement retramés par l’outil numérique, qui analyse la ligne sans pour autant la déshumaniser. Et l’on devine l’artiste amusé par ces équilibres étranges, ces jeux de «facettage» du réel qui savent abstraire et incarner dans un même mouvement. Certaines installations s’affranchissent davantage de la référence aux logiciels de vectorisation. Les images qu’elles font surgir demeurent indécises : à l’exemple de ce paysage de papier où le relief montagneux rejoint la surface de la mer, fragmentée à l’infini (Sans titre 2006, installation in situ à la Chapelle du Bélian, où Vincent Mauger emplit l’espace de feuilles A3 froissées en boule) ; ou encore ces machines rétro-futuristes improbables pour voyages à démonter le temps et accélérer l’espace (Gravity is dead, où un escalier hélicoïdal s’enchasse tautologiquement dans un dispositif complexe de rotation ; Hardrocking chair extreme, où une chaise à bascule mutante peut effectuer une révolution à 360°).

Bouleversant souvent les échelles et les usages, les objets-sculptures de Vincent Mauger tracent ainsi dans leur sillage des pistes d’interprétations multiples. Autant d’espaces, mentalement habitables, offerts au visiteur comme des rêves en suspens.