Ryoji Ikeda

Transinfinite

Ryoji Ikeda

source: highlike

Image: test pattern [enhanced version], audiovisual installation, 2011 © Ryoji Ikeda
photo courtesy of Park Avenue Armory and Forma © James Ewing
Photographer: James Ewing
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source: frac-franche-comte

Pour faire écho à l’empreinte japonaise de la Cité des arts et notamment à son système de « pixels » qui rythme le bâtiment, et en résonance avec la collection du Frac qui se concentre sur la question du temps et du son, l’installation test pattern [n°4] de l’artiste et musicien japonais Ryoji Ikeda invite le visiteur à entrer dans un univers ultra-contemporain, à faire l’expérience d’une immersion dans l’image, la lumière et un son électronique minimal.

test pattern est un programme informatique qui convertit en temps réel les signaux, qu’ils soient sonores, comme c’est le cas ici, textuels, ou visuels, en images de codes barres ou de données informatiques binaires constituées de 0 et de 1. L’installation est composée d’images projetées sur une surface au sol de 12m x 3 m accompagnée par un dispositif sonore.

La vitesse extrême des images noir et blanc – des centaines de compositions par seconde –quasi en effet stroboscopique, est une expérimentation sur les limites de la perception pour le visiteur en référence aux tests de fonctionnement des appareils de diffusion (les « test pattern » sont aussi le nom donné aux mires qui permettent de tester les images des téléviseurs).

Ce projet, qui s’intègre dans la série datamatics, ensemble d’installations et concerts, explore la capacité à percevoir les données informatiques qui pénètrent jour après jour notre quotidien. Les bases de données sont donc à la fois le sujet des recherches de Ryoji Ikeda, et son matériau de création. Par nature invisibles, l’artiste cherche à les capter pour nous les restituer à travers une expérience esthétique puissante et fascinante.

Pour le Frac Franche-Comté et dans le cadre de son ouverture, la pièce est accompagnée exceptionnellement de sa version sous forme de concert-performance, test pattern [live set]. Depuis 2008 en effet, l’artiste développe le projet test pattern à travers plusieurs angles : sortie d’un CD, création d’un concert audiovisuel et à ce jour quatrième version de l’installation test pattern, sans oublier la version monumentale présentée à Park Avenue Armory à New York en mai 2011. Infra-basses, sons purs et séquences quasi-bruitistes sont les ingrédients de ses compositions minimalistes, converties en direct en images vidéo.

Le projet de Ryoji Ikeda dans la salle du rez-de-chaussée inaugure une programmation régulière d’œuvres pensées en fonction des caractéristiques de cet espace d’exposition. Qu’il s’agisse de productions, c’est-à-dire des œuvres créées pour l’exposition et donc encore jamais présentées au public, d’œuvres in situ qui n’existent que dans une architecture donnée et ne peuvent pas être présentées ailleurs car elles perdraient tout sens, d’installations, adaptables, notamment dans leurs dimensions, en fonction du lieu, ou encore d’œuvres éphémères, qui disparaitront après l’exposition ; les œuvres qui seront présentées dans cet espace auront toujours un caractère expérimental et fortement ancré dans une actualité.

Exposition réalisée avec le soutien de la Fondation franco-japonaise Sasakawa et de la Fondation EDF

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Ryoji Ikeda est né en 1966 au Japon à Gifu et vit actuellement à Paris. Il s’est fait connaître dès les années 1990, dans l’effervescence de la scène électronique mondiale. D’abord DJ, il ouvre progressivement sa pratique à l’art sonore. Après avoir intégré le collectif japonais Dumb Type, il sort son premier CD en solo en 1995, intitulé 1000 Fragments, inaugurant une série de disques signés sur les labels CCI, Touch, Staalplaat et Raster-Noton.

Ses compositions prennent source dans les sons de l’environnement numérique (clicks et autres buzzs) pour arriver jusqu’à une abstraction qui tend à explorer les limites mêmes du perceptible, entre l’infra et l’ultra son, et, dans l’univers du visuel, entre la lumière blanche et le défilement stroboscopique. Ses performances sur scène et installations sont des expériences sensorielles qui opèrent des transpositions permanentes entre images et sons. Ses œuvres ont toujours le caractère très ciselé et précis des recherches mathématiques dont elles sont issues et auxquelles il emprunte plastiquement des logiques de superposition, de séquences ou de flux continus.

Son projet ‘matrix’ a reçu le prix Golden Nica Award à Ars Electronica en 2001. La publication cyclo.id (ed. Gestalten) en collaboration avec Carsten Nicolai a reçu le prix GIGA-HERTZ dans le cadre de Sound Art 2012 au ZKM de Karlsruhe.

Aujourd’hui, Ryoji Ikeda est un des rares artistes à opérer tout autant dans le réseau de la musique que dans celui des arts visuels et se produit dans le monde entier.

Dernièrement en France, il a été programmé au Centre Pompidou dans le cadre du Festival d’Automne et au 104 – Festival Némo (Paris, novembre et décembre 2012) et sera au festival de Marseille, à la Fondation Vasarely- Marseille 2013 en 2013. Il est présent dans les collections du Fonds National d’Art Contemporain (Paris) et du Centre Pompidou.

En 2013, il présente également ses performances et Installations au SRTP Festival Eindhoven, Musica Nova Helsinki, Sarjah Biennale, Frac Franche Comté, Besançon; Carriageworks Sydney, Triennale de Auckland; Dark Mofo Festival et Mona Museum à Hobart-Tasmanie; Borusan Contemporary Istanbul; Ruhrtriennale, Duisburg; Telefonica Foundation Madrid; Kyoto Experiment Festival, Galerie Koyanagi Tokyo etc.
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source: heartofnoise

Ryoji Ikeda gilt als Japans wichtigster Medienkünstler und Komponist der Gegenwart. Ikeda erforscht, vertont und visualisiert die von Ton, Licht und der dahinter liegenden Mathematik gebildeten Wirklichkeit und macht diese Zusammenhänge in intensiven audiovisuellen Aufführungen und Installationen sichtbar. Wenn es irgendeinen wichtigen Ort gibt zwischen Kunsträumen, Großfestivals und ehrenwerten Hallen, Ikeda war dort schon eingeladen: Centre Pompidou Paris; Sonar Barcelona; MIT Boston; Tate modern London; Museum of contemporary Art Tokyo undundund…. Ryoji Ikedas neuestes Audio/Video Projekt „Supercodex“ ist der Abschluss und Höhepunkt einer 2005 gestarteten Trilogie auf Raster Noton, die sich dem Decodieren, Recodieren und Redecodieren der inhärenten Architektur der Welt aus Bits und Wellen widmet. Präzise, abstrakt aber glitchy und unberechenbar, der neuronale Funk der Integrale, Differentiale, Tonsignale und Lichtteilchen. Live ist Supercodex ein Spektakel aus Licht- und Klangwänden, aus Frequenzen, Bässen und Beats, kaum erzählbar, aber erlebbar.
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source: noiself

Llega dos días antes de lo previsto. Baja del taxi y saluda. Lleva una maleta y dos ordenadores. Esto no es una entrevista, son sólo impresiones que permanecen en la memoria tras unas jornadas al lado de Ryoji Ikeda, uno de los creadores audiovisuales más relevantes de nuestro tiempo. El japonés (Tokio, 1966) cede todo el protagonismo a su obra. Nunca concede entrevistas, rehúye las cámaras y le molestaría que estas líneas estuvieran teñidas del oportunismo que muchos periodistas intentan sacar de algo noticiable “para ponerse ellos y sus opiniones en primer plano”.
Ikeda afirma que su trabajo habla suficientemente por él. No hay nada más que decir. El resto es cosa del público. Pese al temor a encontrarme con un rechazo, el artista, muy al contrario, se mostró abierto, humorado y crítico. Fueron cuatro días en los que el músico experimental y vídeo artista compartió trascendentales impresiones sobre arte, haciendo uso también de un incisivo carácter sobre política y sociedad: de la estadounidense a la japonesa, de la parisina a la sevillana.

Ryoji es un autor conceptual que hace uso de un lenguaje audiovisual digital. Los sonidos, de gran pureza tímbrica, están hechos de materiales de bajas y altas frecuencias, microtonos y líneas agudas alargadas en contraste con asperezas accidentales. La estilización rítmica se consigue mediante la repetición o adición de eventos, de cruces de líneas y geometría sincronizada que imprimen velocidad al mensaje. La intensidad llevada al clímax, ya sea por el incremento de sucesos o por la acumulación del material sonoro, acaba anunciando su desintegración, colapso o desvanecimiento en un punto. Todos estos elementos parten de figuras minimales sencillas, en cuanto a que su origen son puntos y líneas (datos), pero adquieren una gran complejidad en la composición final. El resultado físico se podría entender como una secuencia de pulsiones sónicas y de imagen, de líneas geométricas que contrastan con texturas ruidistas y elementos paisajísticos que surgen de forma efímera. El continuo sonoro queda indisociablemente ligado a las imágenes en un asombroso trabajo de sincronización.
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source: artforum

Ryoji Ikeda is a Paris-based composer and sound artist. Ikeda’s musical work focuses on the essential characteristics of sound itself, which he manipulates in live concerts, recordings, site-specific installations, and publications. His largest sound installation to date, the transinfinite, will be on view at the Park Avenue Armory until June 11.

I HAVE MET MANY SCIENTISTS THROUGH MY WORK WITH NASA, and I am fascinated by the scales they work with, from molecules to the expanse of the universe. They are similar to artists in many ways, but they think beyond the conceptual. They can easily break the laws of nature through their practice and create an entirely new set of rules to follow. In that way, their work is very much like that of a poet or a musician.

Music and math are brothers. I have been obsessed by mathematical beauty for years, but I never really studied it. I dropped out of my university and didn’t attend art or music school. When I listen to classical music, like Bach, it’s so mathematically beautiful––it feels natural for me, as a musician, to dive into the mathematical world.

Over the past decade, I started to compose materials as installations, and now I am composing data. The structure at the Armory, and thinking about the space, is also part my practice as a composer. But I have never been trained as a classical composer. I can’t read scores, so instead of violins, violas, and pianos, I am always making my own score using pixels, color temperature, sine waves, square waves, triangle waves, and the ratios and proportion of screens. I like to orchestrate everything so it all operates at the same time.

I need the people to stand in the middle of this piece, on the floor, and notice the other visitors, because the visitors are all the performers. There is no correct position to see the piece, and since there is a huge wall in the middle of the drill hall, some people just enter the space and turn around to gauge their surroundings, which is also really interesting.

Sound shouldn’t be a slave to the visual. It has to be more democratic. My process can be very abstract or highly conceptual, with much back-and-forth from brain to hand. It is in this way that I consider myself different from visual artists, because I deal with sound and music as a vehicle for experience. This comes from my nature as a musician, you see: Without an audience my work is nothing.