TODD BURRIS

Eyeglasses

source: lejournaldelaphotographie

Burris aime le noir. Pas seulement celui qui contraste le blanc de ses fonds, peaux ou apparats. Il aime le noir en cheveu, en bande, en tissu, en chapeau et botte, et peut-être même en regard. On en verrait peut-être moins si ses photographies se déclinaient en couleur, mais ce serait leur enlever le charme de la nostalgie. Nostalgie du style et de l’époque – les années 90 –, que les beautés qui se sont succédées devant son objectif veulent bien nous transmettre. Car avec Burris, nous nous rappelons bien que la mode n’est mieux photographiée que lorsque la femme apparait sexy, un peu folâtre et surtout, malgré la pose ou la danse, naturelle.
Si la superficialité est quasi absente de ces photographies, c’est qu’elle est dépassée par la simplicité non des poses mais des attitudes. Là est le talent du photographe, savoir provoquer l’originalité sans oublier que l’être humain n’est belle créature que lorsqu’il abonde d’authentiques sentiments. Une vertu qui ne s’apprend pas dans les institutions photographiques mais bien à l’école du regard. Si les manuels scolaires de Sciences de la Vie avaient un chapitre photographie, on y ajouterait volontiers ce cliché de Burris intitulé Sunday Morning. Une jeune femme, chapeau de paille et tenue d’automne, nous rappelle au travers de son expression quelque peu floue le regard à porter sur ses semblables et le monde qui nous entoure. Pour sûr, les photographies spontanées de Todd Burris sont aux confluences de la mode et du photojournalisme.
C’est bien connu, le noir et blanc est une affaire de contrastes. Burris ne déroge pas à la règle et manie les effets avec précision, quoique ladite précision ne soit pas toujours au rendez-vous lorsqu’il s’agit de mise au point. Là n’est pourtant pas la question, n’en déplaise aux maniaques de la technologie numérique. En photographie, imperfection a toujours rimé avec caractère, imprévu avec magie. Une magie qu’il est aussi possible d’imaginer comme Todd Burris le fait en maniant l’art de la forme, des motifs et des ombres. Il est bon, parfois, de prendre un grand bol d’élégance.
.
.
.
.
.
.
.
source: lejournaldelaphotographie

Burris likes black—not just the black that contrasts with white backgrounds, human skins and other trappings. He likes black hair, black stripes, black fabric, black hats and boots, and perhaps even a black way of seeing things… It would be less noticeable if his photographs were in color, but that would take away from their nostalgic charm. A nostalgia for the style and the era—the 1990s—that the beauties passing before his lens try to communicate. With Burris, we are reminded that fashion photography is never better than when the girl looks sexy, playful, and—however she poses or dances—natural.

If superficiality is almost absent from these photographs, it is enhanced not by the simplicity of the models’ poses, but by their attitudes. Therein lies the photographer’s talent: he knows how to provoke originality without forgetting that the human being is only a beautiful creature while it is full of authentic feelings. A virtue that cannot be taught in photography schools but comes with the refinement of the photographer’s eye. If Life Sciences textbooks had a chapter on photography, it would have to include Burris’ photograph Sunday Morning. A young woman in a straw hat and autumn clothes reminds us through her somewhat blurred expression how to look on the people and things in the world around us. Certainly, Todd Burris’ candid photographs exist at the crossroads of fashion and photojournalism.

It is well known that black-and-white photography is all about contrasts. Burris makes no exception to the rule, and he exercises complete control over the effects, although that accuracy is not always present in the focus. But that’s not an issue—no offense to the digital technology maniacs. In photography, imperfection has always been synonymous with character, just as magic has always been synonymous with the unexpected. A magic that is evident in the way that Todd Burris handles the art of form, patterns and shadows. Sometimes it’s good to enjoy a dose of elegance.