YING GAO

Eau qui coule
Ce projet s’inspire du roman du neurologue Oliver Sacks, L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau, dans lequel il raconte l’histoire de Jimmie G, un ancien marin de 49 ans convaincu d’avoir 19 ans depuis qu’il a quitté la Marine. Choqué par son propre reflet lorsque Sacks lui tend un miroir, Jimmie revient à lui-même de 19 ans dès que son regard quitte la surface réfléchissante. Ayant perdu tout sens de la continuité temporelle, Jimmie vit prisonnier de cet instant unique et perpétuel, oscillant entre une présence au monde et une présence à soi. Tout comme Jimmie G, les vêtements évoluent entre deux états et affichent une perpétuelle métamorphose au fur et à mesure qu’ils réagissent au spectre chromatique. Ce voyage entre états opposés – de l’immobilité au mouvement – ​​ne fonctionne pas comme une dichotomie

Fleuryfontaine

Contraindre
Nous sommes tous et toutes prisonniers et prisonnières d’une nationalité, d’une condition sociale, d’un genre, d’une couleur de peau, auxquels la police et la répression d’État nous force à nous résigner. Ce film raconte comment souffrent les corps, sous les coups, la contrainte et l’humiliation. Le personnage de ce film parle de la répression policière en France, la place qu’il tient dans la société et ses efforts pour y échapper. Ses mouvements sont ceux de danseuses captées numériquement et réinterprétant des scènes d’agressions policières. Mis en regard avec la notion militaire de “théâtre d’opération”, et sans jamais que les agresseurs n’apparaissent à l’écran, cet ensemble mouvant édifie un portrait aux visages multiples, dont la souffrance est la somme de toutes les violences perpétrées par l’état français et sa police.

STUDIO THEGREENEYL

Table de Chuchotement
Quatre festivités uniques célébrées par des personnes de cultures distinctes sont rassemblées dans une scène archétypique de la congrégation. Les visiteurs qui s’approchent d’une table ronde remplie de plats vides découvrent que ceux-ci racontent en fait des histoires personnelles sur la signification symbolique de la nourriture et des rituels. Écrites par un écrivain, ces histoires sont basées sur des interviews et des recherches menées pour cette pièce. Le contenu change en fonction des positions des plats et de leur distance par rapport aux autres. Similitudes et particularités des différentes cérémonies culinaires explorées de manière ludique et divertissante. En changeant les constellations de table, les visiteurs révèlent de plus en plus d’histoires et s’intègrent à un spectacle participatif.

JR

Omelia Contadina
Omelia Contadina est née de l’intérêt de JR pour les difficultés rencontrées par un grand nombre de petits agriculteurs et d’habitants des campagnes italiennes. Alice Rohrwacher explique les origines du projet: “l’automne dernier, lors d’une promenade à la frontière entre l’Ombrie, le Latium et la Toscane, j’ai fait part à mon ami et artiste JR de mes inquiétudes quant à la destruction du paysage agricole, violé par les monocultures intensives avec quelles grandes entreprises façonnent des territoires entiers. Je lui ai raconté, en fille d’apiculteur, la mort massive d’insectes que provoquent de tels changements… À un moment donné, nous nous sommes arrêtés à un carrefour: de tous côtés, des rangées ininterrompues de noisetiers remplissaient le paysage jusqu’à l’horizon. En regardant cela, nous nous sommes dit que cela ressemblait à un cimetière de guerre. Sur le chemin du retour, nous avons décidé – si cela ressemble à un cimetière, nous devons organiser des funérailles. Mais ce doit être un enterrement plein de vie!”

PETER BROOK

بيتر بروك
彼得·布鲁克
פיטר ברוק
ピーター·ブルック
피터 브룩
Питер Брук
MAHABHARATA
cinema full
un projet pharaonique qui raconte la douloureuse naissance du monde d’après l’un des textes fondateurs de l’Hindouisme, composé de 100 000 stances divisées en 18 chapitres. D’abord monté pour le théâtre, l’oeuvre est ensuite adaptée au cinéma dans une version de 3h, et plus de 5h pour la télévision.

CRYSTAL PITE

Dark Matters
Kidd Pivot Frankfurt RM

Le spectacle « Dark Matters » de Crystal Pite qui aura lieu au Toboggan les 15 16 et 17 mars intègre elle-même la marionnétique ou l’art de manier la marionnette. Plus précisément, pour son spectacle la technique reprise par la compagnie Kidd Pivot est le Bunraku.

On vous parle chinois ? Japonais en fait plus précisément ! Cet art bien singulier a fait son apparition au XVIIeme siècle dans la région d’Osaka. Avec le nô, le kabuki et le kyôgen, c’est une des quatre formes du théâtre classique nippon. Il est issu de l’assemblage de deux traditions : le Johruri, qui est l’art de raconter des histoires traditionnelles sur un fond musical, et la marionnette, présente depuis le XIème siècle au Japon.

Pour se pratiquer, le Bunraku utilise des marionnettes de taille presque humaine. Plusieurs hommes sont nécessaires pour manipuler une marionnette de ce type. Pour lui donner vie, ils actionnent ce qu’on appelle des contrôles ou baguettes sur ses différentes parties du corps. C’est un travail qui nécessite beaucoup de concentration et d’exercice car si l’accord entre les montreurs n’est pas bien orchestré, le jeu de la marionnette ne sera pas fluide.

TAE GON KIM

تاي غون كيم
Robes de mémoire

Amant imaginaire
L’œuvre éthérée de Tae Gon Kim, Dresses of Memory, façonne des centaines de brins de fibre optique sous la forme de quatre robes magnifiques et extravagantes. Suspendues dans l’obscurité, les robes apparaissent comme des apparitions, scintillantes des royaumes de la fantaisie. Lentement, la fibre optique illuminée de chaque robe change de couleur, symbolisant son histoire et sa transformation au fil du temps.En créant l’œuvre, l’artiste s’est inspirée de l’écriture du théoricien et philosophe littéraire français Roland Barthes. Dans sa publication de 1978 A Lover’s Discourse: Fragments, Barthes écrivait: «Je veux être un, je veux que ce soit comme si nous étions unis, enfermés dans le même sac de peau, les vêtements étant l’enveloppe lisse du matériau fusionnant qui est en fait mon amant imaginaire.
Tae Gon Kim a interprété ce texte en créant des œuvres qui reflètent également sa propre fascination pour les relations et l’amour. Il veut que les robes amènent le spectateur à imaginer «que nous devenons les gens que nous aimons». En projetant des images sur les robes, il invite le spectateur à l’intérieur, «comme si nous portions nos désirs». Les différentes images racontent également l’histoire et en constante évolution de chaque robe.

Evangelia Kranioti

Antidote

Dans l’Odyssée, Pénélope tisse parce qu’elle sait que l’accès au mythos (discours des hommes), lui est d’emblée fermé. Sa toile constitue alors un langage essentiellement féminin, qui sonde le rapport au temps et surtout à la mémoire, sans cesse menacée. Mais quelle toile pourrait «tisser» une Pénélope contemporaine à l’ère numérique? Quel désir, quelle obsession, quelle histoire pourrait-elle raconter ? C’est bien à elle que ce premier film brodé est dédié, ainsi qu’au fantasme d’Ulysse : Une femme espère le retour d’un homme qu’elle n’a pas revu depuis de longues années. Elle cherche son visage parmi d’autres, l’imagine, essaye de le reconstituer à travers la trame de sa toile et celle de sa mémoire.